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Voyageur : quand faut-il prendre un traitement contre le paludisme ?

Thèmes Santé -> Santé
publié le 13/07/2007

1) La plupart des personnes se demandent si ce traitement est vraiment adapté à leur cas : visite d'un pays peu ou moyennement endémique, séjour de courte durée (2 ou 3 semaines), séjour en période sèche, protection contre les moustiques, conditions de séjour "aseptisées" (hôtel, circuit organisé, alimentation occidentalisée…), etc. Ces considérations sont-elles justifiées ?
Pr Olivier Bouchaud : Oui en grande partie car il faut évidemment tenir compte du risque donc du pays, de la saison et de la durée d'exposition. En résumé, il faut retenir qu'il y a toujours besoin de se protéger des piqûres de moustiques et qu'il existe deux zones :

  - l'Afrique subsaharienne, où le risque est de loin le plus important et où dans la majorité des cas une chimioprophylaxie s'impose. La chimioprophylaxie étant le terme médical désignant un traitement médicamenteux préventif.

  - l'Asie/Amérique du sud, où le risque est beaucoup plus faible et où, pour un séjour bref (10 à 15 jours), sur un circuit touristique classique, il n'y a habituellement pas besoin de chimioprophylaxie.

2) La plupart des personnes rechignent à prendre un traitement car il est contraignant (prise quotidienne, avant, pendant et après le séjour) et surtout car il peut induire des effets secondaires très importants pouvant gâcher le séjour. Est-ce exact ?
Pr Olivier Bouchaud : Tout médicament peut donner des effets secondaires, les antipaludiques aussi, mais ils sont généralement assez bien tolérés. Le Lariam® n'a pas toujours bonne réputation à cause du risque d'effets indésirables neuropsychiatriques qui existent réellement, mais dont la fréquence a été exagérée. Le problème est qu'on attribue volontiers au médicament que l'on prend (et qui gêne quelque part !!) toute manifestation gênante qui se présente alors que c'est loin d'être le cas à chaque fois.

3) Quel traitement prendre ? Existe-t-il des différences entre les produits : Nivaquine®, Paludrine®, Savarine®, Malarone®, doxycycline® ?
Pr Olivier Bouchaud : Il est difficile de résumer en quelques mots ! Schématiquement, pour les pays appartenant à la zone 3 (la plus importante maintenant : l'essentiel de l'Afrique, l'Amazonie et l'Asie du sud est), on recommande soit la Malarone®, bien tolérée, et prise seulement 1 semaine après le retour, mais chère, soit le Lariam® ou la Doxycycline®, deux médicaments antipaludiques bien tolérés et peu chers mais qui doivent être pris encore 1 mois après le retour. Pour les pays de zone 2 (quelques pays d'Afrique de l'ouest, Madagascar et l'Inde), on recommande la Malarone® ou la Savarine® dont la tolérance est moyenne et l'efficacité parfois un peu limite. En zone 1, la chloroquine suffit mais il n'y a plus que très peu de pays dans ce groupe avec un risque de paludisme faible : il n'y a donc presque plus d'indication à ce médicament.

4) Faut-il une prescription médicale pour acheter des médicaments antipaludiques ? Sont-ils remboursés par la Sécurité sociale ? Combien coûte le traitement en moyenne ? Pourquoi sont-ils si chers ?
Pr Olivier Bouchaud : La prescription médicale est obligatoire. Depuis 2000, les pharmaciens n'ont plus le droit de les délivrer sans ordonnance. Ils ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale, ce qui pose un problème car les voyageurs peu argentés ne peuvent pas toujours les payer surtout pour un séjour prolongé. Le coût du traitement est très variable selon le médicament antipaludique puisque cela va de 45 à 50€ pour 12 jours avec la Malarone® à 10-15 € pour 1 mois avec la Doxycycline®. Pourquoi sont-ils si chers ? Parce qu'en l'absence de remboursement, les prix sont fixés par les laboratoires selon des critères davantage liés à la rentabilité qu'à la préservation de la santé.

* Le Pr Olivier Bouchaud est chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Avicienne (Bobigny) et vice-président de la Société de médecine des voyages. Il a également supervisé la réalisation du guide Vidal grand public : "Le guide de la santé en voyage".

09/07/2007
Isabelle Eustache

Source : e-sante.fr

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