Une nouvelle étude, menée sur une population américaine de plus de 2.500 sujets, confirme les conséquences somatiques et psychologiques du travail à horaires décalés. Les sujets étudiés, âgés de 18 à 65 ans, étaient répartis en trois groupes selon leurs horaires de travail : postés avec rotation horaire, travail nocturne ou diurne. Les conséquences sur l'exercice de la profession, le comportement et l'état de santé ont été analysées.
Le travail posté ou nocturne a pour première conséquence des troubles du sommeil. Une insomnie primaire est observée chez environ 10% de ces travailleurs. Elle s'associe fréquemment à des accès de somnolence diurne et à des perturbations psychiques. De tels troubles révèlent une mauvaise tolérance de ces horaires élastiques, et exposeraient à une morbidité élevée. En effet, à symptomatologie identique, les auteurs observent une morbidité associée aux troubles du sommeil plus importante qu'au sein de la population des sujets qui travaillent de jour.
Ils constatent ainsi que les travailleurs postés présentent un risque plus élevé d'ulcère gastro-duodénal, d'accidents liés à la somnolence, d'absentéisme, de dépression et de troubles dans les activités familiales ou sociales.
Au final, les travailleurs postés présentent davantage de troubles du sommeil, lesquels affectent autant le comportement que l'état de santé. Outre l'impact sur la morbidité, le retentissement de ces troubles est considérable sur les performances sociales et professionnelles.
Afin de remédier à ces troubles du sommeil, certains agents pharmacologiques sont à l'étude, mais n'ont pas encore donné de résultats satisfaisants. La modafinil par exemple, un psychostimulant utilisé dans le traitement de la narcolepsie (tendance pathologique à s'endormir brusquement), a été testée mais les effets sont restés très modestes. Pourtant, elle a récemment obtenu une autorisation aux Etats-Unis, précisément dans le traitement des troubles du sommeil liés au travail posté…
23/08/2005 Isabelle Eustache

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