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Traitement du sida : comment vit-on aujourd’hui sous antirétroviraux ?

Thèmes Santé -> Santé
publié le 03/01/2012

Traitement du sida : quelle qualité de vie sous antirétroviraux ?

La recherche est toujours active dans le domaine des traitements du sida, mais à ce jour, il n’existe toujours pas de traitement curatif. La seule prise en charge dont on dispose est le traitement antirétroviral, dont l’efficacité s’améliore et qui vise à empêcher la réplication du virus du sida.

Ce traitement, à condition d’être mise en place le plus tôt possible, permet de freiner l’évolution vers la maladie sida. Autrement dit, encore aujourd’hui, le dépistage est primordial pour stopper la contamination de nouvelles personnes et pour traiter les personnes porteuses du virus du sida.

Reste que la prise d’antirétroviraux à long terme s’accompagne aussi d’effets secondaires, qu’une étude a tenté d’évaluer en suivant une population de 1.200 patients français infectés par le VIH et sous antirétroviraux depuis 5 ans ou plus, entre mars et juillet 2010 (cohorte Prélude). L’objectif principal était de décrire les troubles liés aux traitements qui influencent la vie des patients et leurs perceptions.

Les patients, majoritairement des hommes (71%), étaient âgés en moyenne de 47 ans, séropositifs depuis 15 ans en moyenne et sous antirétroviraux depuis 12 ans.

Les complications étaient le plus souvent de type hyperglycémie, surpoids, hépatite C, pathologies cardiovasculaires, addictions (tabac 91%, alcool 31%).

Quelque 79% des patients se sont plaints d’au moins un trouble dans les trois catégories suivantes :

•physique (modifications corporelles, fatigue, ballonnements, diarrhées…),
•neuropsychique (troubles du sommeil, sentiment de vide, tristesse, perte de mémoire, crampes, douleurs au niveau des muscles…),
•qualité de vie (limitation due à la fatigue, gêne liée aux modifications corporelles, aux troubles neuropsychiques).
On retiendra que les patients sous traitement antirétroviral sont le plus souvent victimes de fatigue avec un fort retentissement dans leur vie quotidienne, viennent ensuite les troubles du sommeil, de la mémoire et les changements corporels.


À savoir sur le traitement du sida

Le traitement du sida repose aujourd’hui le plus souvent sur l’association de trois médicaments antirétroviraux ou plus, certains empêchant la formation de certaines protéines dont le virus a besoin pour survivre, d’autres inhibant la fixation du VIH sur les lymphocytes CD4.

Le traitement du sida est basé sur un équilibre subtil et fragile, nécessitant de constantes adaptations, des aménagements professionnels, l’aide de l’entourage, le recours aux médecines complémentaires, et si nécessaire des pauses dans le traitement antirétroviral. Dans tous les cas, la recherche doit se poursuivre pour améliorer les traitements, en matière d’efficacité et pour atténuer les effets secondaires. Il est aussi impératif de continuer la réflexion visant à améliorer l’accompagnement des malades.

Enfin, l’enjeu du dépistage est toujours aussi prioritaire pour empêcher la contamination de nouvelles personnes et pour un dépistage plus précoce. En effet, selon les données publiées dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire consacré à l’infection à VIH-sida en France en 2010, le dépistage a lieu dans un cas sur trois à un stade très avancé, au stade de la maladie sida, ce qui représente de conséquentes pertes chances.

Le dépistage du sida est trop tardif dans un cas sur trois

Le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité vis-à-vis du sida en 2010 a été estimé à 6.265. Dans 57% des cas, la contamination a eu lieu lors de rapports hétérosexuels (97 % des femmes et 38 % des hommes), 40 % par rapports sexuels entre hommes et 1 % par usage de drogues injectables.

Mais le motif de dépistage le plus fréquent en 2010 était la présence de signes cliniques (35%), traduisant un stade tardif de l’infection à VIH. Ainsi, l’incitation des médecins à proposer un test de dépistage à tous, en dehors de toutes situations à risque, se justifie parfaitement ! 

Article publié par Isabelle Eustache le 28/12/2011 - 10:02 e-sante.fr

Sources : Le Quotidien du Médecin, 8 décembre 2011 ; XIIIe Assises & XIIe Congrès de la Société Française de Lutte contre le Sida, symposium Abbott France, décembre 2011 ; Bulletin épidémiologique hebdomadaire n° 43-44, décembre 2011.

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