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Surpoids de l'enfant : mieux vaut prévenir que guérir

Thèmes Santé -> Enfant
publié le 25/03/2005

Un enfant trop gros est en souffrance dans son corps et dans sa tête. Et le risque de conserver, voire d’aggraver ce handicap à l’âge adulte est avéré. Pour lui éviter ces épreuves, il faut prendre le problème très en amont, et les parents ont alors un rôle essentiel à jouer ! Rien ne vaut, en effet, le regard d’une mère ou d’un père pour remarquer, chez l’enfant, le développement de rondeurs jusque-là absentes. Devant un enfant qui "s’arrondit", les parents ne réagissent pas de la même façon. Les uns sont plutôt satisfaits : l’enfant a bon appétit et profite des bonnes choses qu’on lui prépare… D'autres éprouvent plutôt un sentiment d’inquiétude, surtout si, dans la famille, "on a déjà connu ça".

Ces divergences de réaction expliquent souvent le retard pris pour aller consulter un médecin et l’accumulation des kilos d’année en année. Un retard d’autant plus regrettable qu’il est, à l’évidence, beaucoup plus difficile de faire perdre 12 kilos à un enfant de 10 ans, que de faire maigrir ce même enfant, à 6 ans – 4 ans plus tôt – quand il n'avait que 2 à 3 kilos en trop.

En réalité, beaucoup de parents sous-estiment la gravité du surpoids de l’enfant ; pourtant tout kilo en excès est très difficile à perdre et coûte beaucoup d’efforts, à la fois à l’enfant et à ses parents : privations, disputes, grignotages en cachette, frustrations… c'est cher payé des années de laxisme et d’insouciance ! Il faut donc agir avant même que l’enfant ne grossisse et garder en ligne de mire l'activité physique, le sport et une bonne alimentation.


Activité physique : c’est tous les jours
Si l’on recommande aux adultes de marcher une demi-heure par jour (ou d'avoir une activité équivalente) pour être en bonne santé, on double la durée chez l'enfant. Si l'enfant est actif, se dépense pendant la récréation, rentre à pied à la maison pour déjeuner et s’accorde encore une pause jeu avant de faire ses devoirs, il n’y a pas de problème. Au contraire, si l’enfant va à l’école en voiture, reste à la cantine et s’installe dans son canapé pour grignoter devant la télé en rentrant à la maison, attention danger ! Parents, soyez vigilants et essayez de revoir votre organisation. Aux beaux jours, ne pouvez-vous vraiment pas l’accompagner à l’école à pied ? le soir quand il rentre, ne pouvez-vous pas l’inciter à jouer un peu dehors avant d’attaquer les devoirs ? à monter les marches d’escalier plutôt que prendre l’ascenseur (et bien sûr le faire avec lui) ? Tant d'efforts pour quelques calories pensez-vous ! Détrompez-vous, il s’agit en fait d'inciter l'enfant passif à préférer l’effort à la paresse. Vous changez peu à peu ses habitudes ; il va apprendre à aimer bouger… et ça sera pour la vie. Au besoin achetez-lui un podomètre et faites ensemble le compte en fin de journée (7 000 pas par jour est un objectif raisonnable).

Le sport : c’est celui qu’il aime…
… et pas celui que vous avez envie qu’il fasse. Pour que l'enfant pratique un sport avec régularité et assiduité, il faut vraiment qu'il lui plaise. Laissez-le donc choisir – même s'il tâte un peu de tous les sports au début – et étudiez les contraintes pratiques ; il ne faut pas qu'elles soient un frein à l'activité sportive : une ou deux fois par semaine, il n’y a pas de règles ; évitez simplement l'excès et respectez les nécessaires périodes de repos. Tous les sports sont bons pourvu que l'enfant bouge et qu’il aime ça.

Une alimentation saine et équilibrée
Un enfant a des besoins nutritionnels – ramenés à son poids corporel – supérieurs à ceux d’un adulte… Et souvent des goûts restrictifs qui le pousseraient à exclure des familles entières d'aliments au risque de carences graves. L'essentiel est de lui proposer une alimentation équilibrée et variée. Tout commence le matin au petit déjeuner : il ne doit pas être bâclé et expédié en 5 minutes, sous la forme de 2 ou 3 biscuits ou d’un bol de lait chocolaté bu à toute allure. Prenez le temps de ce repas : un quart d'heure suffit ; au besoin dressez la table la veille. Un enfant doit partir à l’école en ayant mangé au moins du pain ou des céréales ou des biscottes et un laitage (lait ou yaourt) et si possible un fruit (jus de fruit ou compote ou fruit frais…). S’il n’a vraiment pas faim, donnez-lui un petit pochon de biscuits et un jus de fruit en bouteille pour la matinée. Un enfant qui petit-déjeune mal court plus de risque de grossir qu’un enfant qui prend un petit déjeuner correct. Au déjeuner : cantine ou maison ? Si c’est la cantine, procurez-vous les menus de la semaine et rééquilibrez-les éventuellement au goûter et au dîner : pas de légumes à midi ? servez-en le soir – pas de laitage à midi ? qu'il en consomme au goûter (yaourt ou fromage avec du pain) et au dîner… Si c’est la maison, profitez de cette aubaine pour lui servir un repas équilibré dans les règles de l’art : une crudité en entrée, un plat de viande ou de poisson (ou des œufs de temps à autre) avec des légumes et des féculents, du pain, un yaourt et un fruit frais et, bien sûr, de l’eau. Il n'a pas beaucoup de temps ? les crudités ne s'imposent pas s'il a un fruit frais au dessert. Quant au goûter, attention au dérapage : en général, il se résume à des biscuits sucrés accompagnés de soda… Là encore, mettez un peu d’ordre : quelques biscuits d'accord mais complétés par un fruit et si possible du lait ou un yaourt (rappelez-vous : il faut à l'enfant 3 à 4 produits laitiers par jour) et de l’eau ou un jus de fruit. Quant aux sodas, il suffit de se souvenir qu’une canette contient l'équivalent de 7 morceaux de sucre pour comprendre qu’ils doivent rester exceptionnels et, en tout cas, ne jamais "traîner" sur la table. Le dîner incarne idéalement les vertus du bon plat familial et de légèreté. Un plat, du pain et un dessert suffisent… pour un bon sommeil. En conclusion, il s'agit, pour les parents de mettre en pratique – avec une certaine discipline largement teintée de plaisir et de bonne humeur – des règles de bon sens pour inciter les enfants à bouger et manger varié.

Dr Laurence Plumey

Médecin nutritionniste - Attachée de consultation

à l'hôpital Necker-Enfants malades

Le rôle des parents
Le meilleur service que vous pouvez rendre à votre enfant, c'est d’être vigilant sur ce qu’il mange sans pour autant être obsessionnel, de veiller à ce qu’il ait un mode de vie épanouissant et équilibrant, associant sport et activités collectives. Un enfant qu'on laisse libre de faire ce qu'il veut, mange le plus souvent trop sucré (une attirance naturelle) et trop gras. Il y a plus dangereux : il peut chercher la facilité, se réfugier dans un monde virtuel, informatisé, qui l'isole des autres, de la réalité et dans lequel il ne cherche plus l’effort ; il se laisse gagner par la passivité. Mais la loi brutale de la balance énergétique est bien réelle et comptabilise chaque jour ces calories non dépensées, aboutissant au stockage des graisses et des sucres ingérés et non brûlés par l’effort.

Et, peu à peu, les kilos s'installent :1 à 2 au bout d'un an, 4 kilos en deux ans et ainsi de suite…


Source  : Bien-être et Santé
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