La rosacée se manifeste par des rougeurs et des vaisseaux apparents
La rosacée est une maladie à point de départ vasculaire. Elle se manifeste par des rougeurs au niveau des joues, du nez, du menton ou du front, par une sensation de picotement dans les yeux, par la dilatation de petits vaisseaux sanguins sur la surface de la peau et des boutons inflammatoires. Environ 10% de la population active est touchée par la rosacée, principalement des femmes, mais les hommes en sont, eux aussi, victimes, et chez ces derniers, l'évolution est souvent plus sévère.
La rosacée n'a rien à voir avec l'alcoolisme !
Attention, la rosacée n'est pas attribuable à l'alcoolisme ni à une mauvaise hygiène. Mais les idées reçues ont la vie dure, à tel point que 40% des hommes et 80% des femmes atteints de rosacée craignent d'être pris pour des alcooliques.
On n’en meurt pas, mais la rosacée gâche la vie…
Plus globalement, la rosacée exerce un impact considérable dans la vie quotidienne : 92% des malades se déclarent gênés sur le plan psychologique et relationnel. La rosacée représente un facteur de stress et de perte de confiance en soi chez 40% des hommes et 44% des femmes. La moitié des malades ressentent même un besoin de cacher leur maladie.
La rosacée : une maladie dite «d’aggravation progressive»
Sans traitement, la rosacée peut évoluer. Il est donc essentiel de ne pas banaliser les symptômes. Il ne s'agit pas d'une simple question de teint que l'on peut camoufler. C'est une maladie qu'il faut traiter rapidement afin d'empêcher l'aggravation, et ce, même si les circonstances de survenue (stress, émotion, consommation de mets épicés ou ponctuelle de boissons alcoolisées) en font un sujet presque tabou, associé à une certaine culpabilité.
Quatre stades évolutifs dans la rosacée
La rosacée peut passer par quatre phases si elle n'est pas diagnostiquée et soignée.
Les bouffées vasomotrices ou stade des flushes : il s'agit de bouffées de rougeurs du visage, surtout au niveau des joues et du nez entraînant une rougeur, une sensation de chaleur et des picotements. De telles bouffées surviennent le plus souvent après un repas, des petits stress émotionnels, un changement de température ambiante, la pratique d'un sport, une ingestion d'épices ou d'alcool ou de boissons ou d'aliments chauds. Un larmoiement est parfois associé.
La couperose : la rougeur devient permanente et de petits vaisseaux sanguins dilatés apparaissent sur les joues et les pommettes.
La rosacée papulopustuleuse : les rougeurs sont permanentes et des boutons inflammatoires, élevures rouges centrées par un point blanc, plus ou moins nombreux apparaissent.
Les oedèmes persistants ou phymas : heureusement rares, ils correspondent à un épaississement irrégulier de la peau, dont le plus caractéristique est celui du gros nez rouge et bosselé appelé rhinophyma.
Quels sont les traitements de la rosacée ?
Les lésions de la rosacée pouvant devenir permanentes, il est nécessaire d'en parler à son médecin le plus rapidement possible. Avant d'initier un traitement, il est important d'identifier les facteurs qui aggravent les symptômes et de les éviter : exposition solaire avant tout, soleil, stress, chaleur, vent, exercice, alcool, froid, bain chaud, aliments épicés, humidité, etc.
Il n'existe pas de test diagnostique spécifique. Selon certains spécialistes, le critère déterminant serait l'existence d'un érythème (rougeur) sur la partie centrale du visage depuis plus de trois mois.
Le médecin expert est souvent là aussi pour aider à dépister les erreurs « cosmétiques » des patients atteints de rosacée qui ont très souvent également une peau « irritable », intolérante à tout et il faut leur conseiller des produits d'hygiène, de maquillage et des émollients réparateurs neutres et simples mais spécifiques.
Pour ralentir l'évolution, on dispose de médicaments locaux par crème, essentiellement à base de métronidazole et pour les formes sévères de médicaments par voie buccale, essentiellement des antibiotiques, à faible dosage, les tétracyclines ou le métronidazole.
Au stade de la couperose, on utilise des traitements physiques tels que l'électro-coagulation ou maintenant les lasers vasculaires, beaucoup plus spécifiques et sélectifs qui s'attaquent à la paroi des vaisseaux dilatés sans abîmer les tissus autour.
Les œdèmes persistants relèvent de la chirurgie réparatrice ou du laser CO2.
Pour en savoir plus
www.rosaceainfo.com
Des soins pour la peau dans le guide Santé au naturel
13/03/2006
Isabelle Eustache

Communiqué de presse Enquête Rosacée - France, menée auprès d’une centaine de patients, par des dermatologues, à l’initiative du groupe thématique Laser, de la Société Française de Dermatologie et du CRIR (Comité de recherche et d’information sur la rosacée), décembre 2005.
|