L'Homme vit ou survit grâce au bon équilibre entre son organisme et son environnement (au sens large). Un équilibre fragile : notre environnement est en effet porteur d’énormes dangers comme la crise de la vache folle ou le scandale de l’amiante nous l’ont rappelé. Et dont nous ne voyons pas tout de suite qu'il se rompt : d'une part les causes de ce déséquilibre sont multiples, d'autre part le degré et la durée exacts de l’exposition à un polluant responsable d’une maladie sont difficiles à mesurer.
Cela dit, nous en apprenons chaque jour davantage sur les polluants et nous savons que la pollution atmosphérique a un gros impact sur la santé* : infections et intoxications, maladies allergiques, notamment respiratoires, maladies cardiaques, neurotoxicité (neurones et cerveau) et même cancers…
Crises d’asthme et infarctus
Des études internationales récentes montrent que le nombre d'épisodes de bronchite aiguë (chez les enfants), de crises d’asthme, d’hospitalisations pour problèmes cardiovasculaires et de décès imputables à la pollution automobile, déjà élevé en 1996, augmente dangereusement.
Deux exemples convaincants : des chercheurs de Dijon ont établi que les jours de pics de pollution, les infarctus du myocarde avaient augmenté de 161 % sur l’ensemble de la population étudiée et plus encore chez les fumeurs (+ 250 %). Quant à l’asthme infantile, il est en progression rapide dans tous les pays occidentaux. Accusé n° 1 : la pollution atmosphérique !
Gare aux pics de pollution
La météo influe sur la pollution. Soleil, chaleur et absence de vent favorisent notamment les pics d’ozone**(en été, en fin d’après-midi). En fait, l’air chaud agit comme un couvercle et empêche tous les polluants de se disperser verticalement et le manque de vent entraîne leur accumulation au-dessus des villes. C’est pourquoi les personnes fragiles (personnes âgées, jeunes enfants, insuffisants respiratoires, asthmatiques) doivent éviter de sortir aux heures chaudes, quand le niveau 3 (alerte) de la pollution atmosphérique est atteint.
Le vent et la pluie, au contraire, sont bénéfiques : ils permettent aux polluants de se disperser.
À l’intérieur aussi
Dans les maisons, les appartements, les bureaux, les usines… nous pouvons respirer des polluants. On pense à l’amiante, aujourd’hui interdite. Mais aussi aux maladies contagieuses comme la légionellose qui fait régulièrement parler d’elle – dont la contamination se fait par les circuits de distribution d’eau chaude, les tours de refroidissement, les systèmes de climatisation… Aux problèmes allergiques liés aux revêtements et moquettes. Aux divers composés organiques volatils comme le formaldéhyde (dans les meubles, détergents, bois…), accusé de favoriser le cancer. Et aussi aux polluants biologiques, moisissures et allergènes surtout.
Impossible bien sûr de tout contrôler chez soi et au travail, mais nous aurions intérêt à être plus attentifs à ce que nous achetons et consommons… Après tout, c’est de notre santé et de celle des générations futures qu’il s’agit !
Jean-Baptiste Pruvost
* Pour en savoir plus : "Le Guide équilibre santé",
Éd. de l’Institut Pasteur, 2005, 25 €.
** L’ozone présent dans les couches basses de l’atmosphère (troposphère), qui se forme quand les rayons solaires interagissent avec les polluants industriels ou lié à la circulation automobile, est mauvais pour les bronches, les yeux…
Tout faux !
* La pollution automobile attaque seulement les poumons.
Faux. Elle favorise ou aggrave les maladies respiratoires, mais sans doute plus encore les maladies cardiovasculaires. L’ozone, par exemple, augmente le risque d’infarctus. Les microparticules et le dioxyde d’azote accroissent le risque d’attaque cérébrale.
* La pollution tue moins que les accidents de la route.
Faux. Plus de 30 000 décès prématurés par an sont dus à l'exposition chronique à la pollution atmosphérique, un peu plus de 5 000 aux accidents de la circulation (chiffres 2004).
À lire : Santé, 100 Idées reçues, l'avis des chercheurs, tome III, Fondation Recherche Médicale, 2005.
Source : Bien-être et Santé
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