En Europe, les Françaises sont à la traîne en matière d'utilisation de produits d'hygiène intime. Dans une enquête Louis Harris de 2001, 47% déclaraient avoir utilisé un produit d'hygiène spécifique dans les 12 mois précédents et 25% d'entre elles l'utilisaient quotidiennement (avec une majorité de produits antiseptiques). Le volume des ventes des produits d'hygiène intime est de 30% supérieur en Italie à celui observé en France… Il est vrai que l'hygiène intime n'est pas le souci premier des gynécologues et des médecins généralistes qui abordent rarement le problème spontanément. Et pourtant, « il est fondamental de respecter cet organe complexe qu'est la vulve », explique le Dr Bohbot, directeur médical de l'institut Fournier de Paris.
Une flore fragile
L’écosystème vaginal est une des parties les plus fragiles du corps féminin. « La vulve qui est un pli en mouvement permanent est un organe pour lequel la lubrification naturelle est indispensable. Deux surfaces qui se frottent sans lubrification, ça fait des dégâts », précise le Dr Bohbot. Cette partie génitale a comme particularité d’être constituée de peau dans la zone autour de la vulve et de muqueuses qui sont extrêmement sensibles et facilement sujettes aux allergies et aux inflammations. L'équilibre vaginal physiologique repose sur un écosystème fragile constitué principalement d'une abondante flore lactobacillaire. La sécrétion d’acide lactique qui augmente le taux d’acidité (pH), système de protection du milieu vaginal, empêche la prolifération de bactéries et de champignons. Un équilibre qui peut être perturbé dans certaines circonstances par des agressions extérieures et entraîner des vaginoses, des mycoses…
Hygiène intime : les bons réflexes
Vous êtes accroc aux sports aquatiques ? Sachez que l'eau chlorée peut aggraver les démangeaisons chez les femmes sensibles. La solution, prendre une douche immédiatement après sa séance sans oublier de bien se sécher avec une serviette propre pour chasser toute trace d'humidité.
«Une rigueur qui doit être présente également au moment des règles, car des tampons ou des protections externes gardées trop longtemps ou des toilettes trop espacées favorisent les infections», précise le Dr Bohbot. N'oubliez pas, comme aime à le souligner ce dernier, «une vulve en harmonie, c'est le prélude au plaisir…».
Hygiène intime : les bons gestes
Si une toilette externe quotidienne semble tout à fait indiquée pour limiter la prolifération des microbes, en revanche une hygiène trop obsessionnelle risque d'entraîner irritation et déséquilibre de la flore locale. L'hygiène intime de la femme doit donc se limiter à la vulve, en excluant l'intérieur du vagin. Il convient ainsi de choisir des produits qui ont une nature chimique proche, c'est-à-dire un pH compris entre 5 et 7, donc des produits doux.
Évitez les vêtements moulants, les maillots de bain mouillés, les sous-vêtements de nylon et les collants étanches qui retiennent la chaleur corporelle et l'humidité, et créent un milieu propice à la prolifération des levures, mais changez de sous-vêtements tous les jours. Préférez des vêtements en fibres naturelles, coton, chanvre qui ne retiennent pas la transpiration.
17/07/2006
Patricia Riveccio
Source : e-sante.fr
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