Nez, gorge et oreilles sont des portes d’entrée pour les bactéries et virus dispersés dans l’atmosphère. Il suffit qu’une personne contaminée éternue ou tousse sans prendre garde de mettre sa main ou le creux de son coude devant sa bouche pour que les germes, véhiculés par les gouttelettes de salive, viennent vous infecter à votre tour ! Un simple éternuement expulse les microbes à plus de 100 km/h !
Défenses débordées
Heureusement, les fosses nasales sont recouvertes d’une muqueuse constituant une première ligne de défense, grâce au mucus qui dégrade les intrus et aux cils vibratiles qui les font glisser vers l’arrière pour être déglutis. Mais cette barrière ne suffit pas toujours à stopper virus et bactéries. Sinus, pharynx, oreille interne, larynx, trachée et bronches communiquent et peuvent être aussi infectés. Un rhume peut ainsi précéder une angine à laquelle peut succéder une bronchite…
Une fois les voies respiratoires colonisées par un germe, l’organisme réagit en mettant en jeu un système de défense complémentaire.
• Réaction inflammatoire destinée à contrôler le virus ou la bactérie responsable des symptômes habituels des maladies hivernales : nez bouché, écoulements, mal de gorge, etc.
• Réaction immunitaire spécifique, adaptée au microbe, faisant intervenir des anticorps et des cellules qui libèrent des substances tueuses.
Coup de froid ?
Attrape-t-on ces maladies après un coup de froid ? Pas exactement. En hiver, le manque d’aération à la maison, sur le lieu du travail, à la crèche, dans les transports en commun ou ailleurs, associé à la promiscuité qui multiplie les contacts, favorise la contagion. Le froid extérieur agit également de manière indirecte, en modifiant les ressources de l’organisme et en l’obligeant à tourner à plein régime pour maintenir la température corporelle. En asséchant les muqueuses des voies aériennes, le froid les rend aussi plus vulnérables aux agressions. Enfin, les virus qui circulent par temps froid et humide sont très contagieux et comme les organismes sont fragilisés pour les différentes raisons que nous venons de voir…
Du nez aux bronches
• Rhume
Dû à des rhinovirus très contagieux, le rhume peut provoquer, en plus des symptômes classiques, une réaction plus générale de l’organisme qui lutte contre l’invasion : fièvre à 38-38,5° et fatigue. Si, comme c’est fréquent, l’infection descend vers la gorge, c’est une rhinopharyngite, avec picotements, brûlures, toux. Pas d’antibiotiques en l’absence de complications, seulement du paracétamol ou de l’ibuprofène contre la fièvre et l’inflammation ou bien un médicament contenant en plus un vasoconstricteur pour limiter les écoulements ; des dosettes de sérum physiologique ou d’eau de mer pour nettoyer les fosses nasales ; des pastilles à sucer ou un spray antiseptique ; des inhalations (camphre, eucalyptus) pour décongestionner les sinus et drainer les sécrétions.
• Laryngite
Les virus, descendus encore plus bas, touchent larynx et cordes vocales. Voix enrouée ou cassée, extinction de voix deviennent pénibles. Pour les adultes, patience, mais demandez conseil à votre pharmacien, car certains suppositoires permettent de retrouver plus vite la voix. Chez l’enfant, prudence si la fièvre monte à 40° (signe d’infection bactérienne), s’il respire très mal et produit beaucoup de salive ; dans ce cas maintenez l’enfant assis et appelez les urgences. Dans les autres cas, un corticoïde oral (sur prescription) peut suffire.
• Sinusite
Les fosses nasales communiquant avec les sinus d’un côté et les trompes d’Eustache de l’autre, le rhume peut occasionner une sinusite ou une otite. Fièvre, mal de tête localisé au front, tête lourde surtout penchée, mouchage plus ou moins purulent… des antibiotiques sont nécessaires en cas de surinfection. À condition de ne pas les arrêter au bout de quelques jours, quand les symptômes ont disparu mais que les bactéries ne sont pas toutes éliminées, vous risquez le rebond !
• Otite
Douleur dans l’oreille due au pus, fièvre parfois élevée, sensation d’oreille bouchée, l’otite moyenne aiguë est la forme la plus fréquente, surtout chez l’enfant. Attention, les tout-petits ont des signes moins typiques : douleurs abdominales, diarrhées, vomissements. Les gouttes auriculaires sont efficaces, à appliquer après que le médecin a examiné le tympan. S’il est simplement rouge, pas d’antibiotique ; s’il est opaque et bombé l'antibiothérapie est nécessaire ; s’il est perforé, avec écoulement jaunâtre, pas de gouttes mais un traitement énergique et adapté pour limiter complications et récidives (pose de yoyos).
• Bronchite
Dans neuf cas sur dix, l’infection est virale et, même si elle est pénible, ne nécessite pas d’antibiotiques. C’est différent si elle se surinfecte, en particulier chez les seniors et les malades à risque. Au traitement classique de la rhinopharyngite, on ajoute au début un sirop antitussif quand la toux est sèche ou un fluidifiant, poudre ou granules à diluer, pour évacuer les sécrétions quand la toux devient grasse. Au total, l’infection dure 10 jours environ mais la toux peut persister au-delà, surtout chez les personnes qui fument.
• Angine
Virale (7 ou 8 cas sur 10) ou bactérienne ? C’est la grande question à se poser, surtout chez l’enfant et l’adolescent, quand la gorge est très enflammée, avec amygdales gonflées, ganglions sensibles, difficultés pour avaler, fièvre, toux. Si le médecin suspecte une origine bactérienne (streptocoque A), il pratique un test de diagnostic rapide à l’aide d’une languette. Et si c’est positif, il prescrit un antibiotique pour éviter des complications graves touchant les articulations et/ou le cœur (rhumatisme articulaire aigu) ou les reins.
• Grippe
Plus ou moins mauvaise selon les virus qui s’assemblent différemment chaque hiver, la grippe cloue en général au lit et dure une dizaine de jours. Frissons, fièvre, courbatures, malaise général, fatigue intense… mieux vaut éviter. D’autant que ces virus se transmettent facilement (une poignée de main suffit) et que des complications graves voire mortelles sont possibles, en particulier chez les tout-petits, les seniors et les personnes affaiblies par une maladie chronique. Dans ces cas-là au moins, pas d’hésitation : vaccination !
Evelyne Gogien
Du côté du pharmacien
• Phytothérapie, infusions, huiles essentielles, extraits, pour résister aux agressions en fortifiant le système immunitaire : eucalyptus, thym, baies de sureau noir, bouillon blanc, mauve, plantain, pélargonium, échinacée, acérola.
• Oligothérapie pour corriger les déséquilibres, causes de fatigue et d’infections récidivantes, et stimuler l’organisme : sélénium, soufre, cuivre, argent + bismuth, manganèse, cuivre-or-argent.
• Produits de la ruche, riches en vitamines, acides aminés, flavonoïdes et oligoéléments, pour renforcer les défenses naturelles : propolis (granules, pastilles, poudre, spray, extrait liquide), gelée royale.
• Compléments alimentaires, composés de vitamines, minéraux, coenzyme Q10, ginseng, etc. pour lutter contre les infections respiratoires et récupérer plus vite. Certains cocktails contiennent en plus des probiotiques pour rééquilibrer le système immunitaire et le système digestif après les antibiotiques et mieux assimiler vitamines et minéraux.
Témoignage
Kinésithérapie respiratoire pour la bronchiolite
« C’était en janvier, mon fils avait à peine 3 mois. Au début, j’ai cru à un rhume mais ça s’est compliqué : il avait de la fièvre, des quintes de toux sèche, des sifflements et des râles inquiétants, il pleurait, refusait son biberon, dormait mal et comme il avait du mal à respirer, je l’ai emmené à l’hôpital. C’était une bronchiolite, de plus surinfectée. Au bout de quelques heures, il allait mieux et nous sommes repartis avec une prescription : aérosols de bronchodilatateurs, antibiotiques et séances quotidiennes de kinésithérapie respiratoire pour l’aider à évacuer les glaires qui encombraient ses poumons. Ces séances étaient impressionnantes, mais à chaque fois elles le soulageaient bien. Ça a duré 2 mois… J’espère qu’il n’attrapera pas le même virus cet hiver. Je me souviens bien de son nom : virus respiratoire syncytial (VRS) ! »
Anaïs, 33 ans.
L’avis du spécialiste
Dr Catherine Neukirch, allergologue à l’hôpital Bichat, Paris*.
Nez bouché en permanence ?
« Une déviation de cloison nasale peut expliquer une sensation permanente de nez bouché avec écoulement nasal, mais la rhinite allergique aussi, et c’est plus ennuyeux. Celle-ci se traduit par une inflammation des parois nasales suite à une sensibilisation à des allergènes (pollens, acariens, animaux, parfois même aliments). Ses principaux symptômes sont : éternuements en salve, écoulement nasal clair, obstruction et démangeaisons du nez. C’est d’ailleurs ainsi qu’on peut la distinguer d’un simple gros rhume : la rhinite allergique démange, pas le rhume. D’autres signes accompagnent la rhinite allergique : démangeaisons du palais, à l’intérieur des oreilles ou aux yeux, larmoiements, voire un peu d’urticaire… »
* Co-auteure de Les allergies, éd. Hachette pratique, 2011, 9,90 Euros.
Questions-Réponses
• Virus et bactérie, c’est la même chose ?
Non. Dans le langage courant, on distingue rarement ces deux types de germes, pourtant la différence est essentielle pour le traitement. Les bactéries sont des organismes vivants, capables de survivre en toute autonomie, contrairement aux virus qui ne le peuvent qu’en infectant des cellules vivantes qu’ils s’approprient avant de les détruire. Les antibiotiques tuent les bactéries, pas les virus. En cas de maladie virale, il faut se contenter de traiter au mieux les symptômes, fièvre, douleur…
• Y a-t-il un intérêt à enlever les végétations ?
L'ablation des végétations ou adénoïdectomie ne permet pas de diminuer le nombre de rhinopharyngites, fréquentes dans l'enfance. Mas elle reste indiquée dans deux cas : en cas d'otite séreuse chronique et d'obstruction nasale importante, obligeant l'enfant à respirer par la bouche.
• Et à retirer les amygdales ?
Rarement. Les médecins réservent aujourd’hui leur ablation aux angines récidivantes (plus de 6 par hiver) et en cas de volumineuses amygdales qui gênent la respiration, font ronfler l’enfant et provoquent des pauses respiratoires pendant son sommeil (apnées).
• Quand le médecin parle de syndrome grippal, c’est une grippe ?
Non, on fait souvent l’amalgame entre l’authentique grippe qui met à plat et un ensemble de symptômes (syndrome) faisant penser à la grippe, alors que ce n’en est pas une. Le syndrome grippal peut être lié à d’autres virus que ceux de la grippe, et les signes qui évoquent celle-ci sont moins forts. Bon à savoir : le vaccin grippal ne protège pas contre tous les virus qui circulent l’hiver ; et certaines maladies virales n’ayant rien à voir avec la grippe (l’hépatite par exemple) débutent par un syndrome grippal.
• Que faire quand un enfant fait des convulsions fébriles ?
Il faut garder son calme, allonger l’enfant au sol sur le côté, ôter tout aliment ou objet qu’il pourrait avoir dans la bouche, ne pas chercher à empêcher ses mouvements convulsifs mais éviter qu’il se blesse, et appeler le médecin pour qu’il évalue la fièvre et recherche sa cause pour la traiter.
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INFOSUTILES
• Désinfectez-vous régulièrement les mains avec un gel hydroalcoolique.
• Utilisez des mouchoirs en papier à usage unique.
• Mettez un masque de protection pour vous occuper de bébé si vous êtes enrhumé(e).
• Limitez les bisous.
• Ne chauffez pas trop la maison pour éviter les chocs thermiques en sortant.
• Laissez les fenêtres grandes ouvertes au moins 10 minutes par jour pour renouveler l’air.
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